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Plus de cinq millions de spectateurs pour le diptyque consacré à Charles de Gaulle

Plus de cinq millions de spectateurs pour le diptyque consacré à Charles de Gaulle. Un tel succès populaire dit quelque chose de double : notre besoin, aujourd'hui, d'être inspirés par de vrais leaders, et le rappel que le leadership n'a rien d'un talent naturel. Il exige des qualités immenses et un courage rare.

Par l'équipe des Pointures

Plus de cinq millions de spectateurs pour le diptyque consacré à Charles de Gaulle

Juin 1940. Un colonel sans troupe, sans mandat, sans le moindre titre qui l'autoriserait à parler au nom de la France, choisit pourtant de le faire. Il n'a pour lui qu'une conviction et une voix. Le pays officiel, lui, a déjà signé l'armistice.

Ce moment déjoue une idée reçue tenace : celle qui voudrait que la légitimité précède l'action. Ici c'est l'inverse. Elle naît de l'appel du 18 juin, et mettra des mois à se vérifier dans les faits. C'est la position de tout dirigeant qui porte, seul dans un premier temps, une réorganisation que le comité de direction n'a pas encore pleinement validée : l'autorité ne précède pas la décision, elle se construit dans la constance à la tenir.

Le film montre aussi, sans détour, la solitude. Des mois durant, De Gaulle tient une ligne que les faits contredisent : Londres doute, Washington le méprise, une partie de l'armée française le considère comme un déserteur. On retrouve cette expérience chez tout dirigeant portant une décision impopulaire : ce moment où il faut la tenir seul avant que l'organisation ne la rejoigne, ou la rejette.

Il y a ensuite la manière dont, à partir de 1943, De Gaulle fédère des forces sans lien hiérarchique entre elles : réseaux de résistance, mouvements rivaux, alliés hostiles. Il ne les commande pas. Il leur propose un récit assez fort pour qu'elles choisissent de s'y rallier. C'est la situation de nombreuses organisations aujourd'hui, en matrice, issues d'une fusion, dispersées entre plusieurs sites : le pouvoir d'ordonner y recule, la capacité à donner du sens devient la ressource la plus rare.

Reste un trait plus rare encore : la patience. Le titre du second volet, J'écris ton nom, emprunté à Éluard, dit le temps long du leadership, celui qui s'écrit avant que les faits ne lui donnent raison. Rien, entre 1940 et 1944, ne ressemble à une ligne droite validée étape par étape. C'est précisément ce que nos organisations, prises dans le rythme du trimestre, savent de moins en moins faire.

Ce diptyque ne raconte pas un surhomme. Il raconte un homme dont la grandeur naît de tout ce qui, sur le papier, aurait dû l'en disqualifier. Un leadership qui ne se constate pas à la nomination, mais qui se construit, preuve après preuve, dans ce que l'on choisit de porter quand rien ne nous y oblige.

Alors, en cette rentrée, une seule question mérite peut-être de remonter en haut de la liste : qu'est-ce qu'une attitude assez courageuse pour mériter de diriger ?

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